Je laisse ma déprime se perdre dans le dédale de ruelles étroites, étouffées par de hautes bâtisses, délabrées plus qu'anciennes. Le sol est jonchés de merde de chiens. Sans le vouloir, je me retrouve devant l'hôtel. 12h30, c'est très bien, je n'ai qu'une envie, m'enfermer dans ma chambre, je ne veux voir personne, parler à personne.
Je passe l'après midi dans ma chambre, j'ai mal partout, aux pieds, aux jambes, dans le dos, à la tête, j'ai de la fièvre. Je dors presque tout l'après midi.
Je me décide à sortir en fin de journée, poussé par la faim. Il pleut des cordes, je ne regrette pas d'avoir pris le bus. La ville est triste. Je vois des groupes de policiers devant l'office du tourisme; comme un sentiment d'insécurité. Je prends une bière à la terrasse d'un café. Quelques minutes plus tard, j'assiste à une tentative d'embuscade de la part des flics. Ils essayent de piéger un mec qui boit sous un porche. Deux arrivent par devant pendant que le troisième contourne le délinquant présumé pour l'empêcher de fuir. Ça n'ira pas plus loin, il est en règle, juste un délit de sale gueule. Les justiciers dans la ville reprennent la ronde sous la pluie, visiblement déçus. De l'autre côté de la rue, un groupe de jeunes matte les clients des cafés, ils baillent, désœuvrés. Cette ville respire l'ennui. Ce sentiment parait accentué, certainement par la pluie et l'absence de wifi autour de l'office du tourisme.
J'observe encore cette nature morte quelques instants, je remarque qu'il y a presque le même nombre de jeunes "squatteurs", de flics et de clients à la terrasse des cafés. Ça ne va pas calmer ma déprime. Je m'enferme sous ma capuche, le casque de l'i-pod sur les oreilles, le volume à fond. Allé, basta, je bouge de là.